mercredi 17 janvier 2018

Taureau !

Les périodes de vacances - scolaires - en général et les fêtes de fin d'année en particulier sont propices à la sortie en salles d'un nombre important de films d'animation. Fin décembre, sans l'avoir anticipé mais sur une proposition... de ma mère, je suis allé voir Ferdinand. Une production des studios Blue Sky, dirai-je pour les connaisseurs...

Bien que venu donc des États-Unis et mis en scène par un réalisateur brésilien, ce film (sympa) a pour cadre l'Espagne rurale. Son héros éponyme est un petit taureau que l'on découvre différent des autres de son âge, c'est-à-dire amoureux des fleurs et pas très bagarreur. Son destin, pourtant, le conduit tout droit vers l'arène, où défendre ses cornes par la violence deviendra bel et bien une nécessité vitale. Maintenant, stop ! Je ne veux pas trop vous en dire sur le scénario assez bien ficelé de ce long-métrage résolument familial, si ce n'est que notre ami bovin deviendra aussi celui d'une petite campagnarde. Ferdinand doit, je crois, être apprécié d'un oeil neuf. Et bienveillant.

Le film remplit en effet le cahier des charges du bon divertissement. Une précision: plutôt destiné aux jeunes enfants, il n'offre pas forcément de "second niveau de lecture" aux accompagnants adultes. Bref, il vaut mieux retrouver son âme de gamin(e) pour apprécier toute la substance de ce programme à sa juste valeur. Je dois dire que les scènes 100% animales de Ferdinand m'ont paru très réussies ! D'après moi, tout cela est nettement plus efficace qu'un long discours pour réfléchir à la cause animale, puisqu'on y parle aussi de rituels tauromachiques et de bêtes transformées en pièces de boucherie. Rassurez-vous: le ton reste absolument ludique et... épique, même. Disons que je n'ai pas ressenti de réel temps mort: un très bon point. Rien n'est incontournable là-dedans, mais c'était un vrai bon moment.

Ferdinand
Film américain de Carlos Saldanha (2017)

Je resitue le contexte pour les néophytes: Blue Sky, dont je parlais dans mon introduction, c'est le studio de L'âge de glace et de Rio. Honnêtes dans leurs intentions, ces dessins animés offrent au public des productions solides, même si leur inspiration reste assez basique. D'aucuns jugeront qu'on est loin des sommets d'émotion d'un Pixar ! C'est vrai, mais j'ajoute encore que je n'ai pas dit mon dernier mot...

lundi 15 janvier 2018

Retour en Force ?

Il y a des exceptions, dont le succès finit par susciter ma curiosité. D'une manière générale, comme vous l'aurez compris, le box-office d'un film n'est pas ce qui me décide à le regarder. Oui, j'ai bien noté le fait que le nouveau Star wars avait rapporté un milliard de dollars sur ses trois premières semaines en salles, mais ça m'a laissé froid...

Deux raisons à cela: 1) j'avais déjà vu le film et 2) la question essentielle reste pour moi de savoir s'il s'agit d'un spectacle agréable ou non. Attention, roulement de tambours: ma réponse personnelle est... positive ! Oui, je me suis bien amusé avec Les derniers Jedi. C'est vrai aussi qu'après sept épisodes + un film "dérivé", la saga affiche désormais des couleurs quelque peu délavées, les fondements de son univers étendu étant connus de longue date. Il est très clair qu'une fois encore, nous avons le droit ici à une histoire de combats intergalactiques entre le camp du bien d'un côté (alias La Résistance) et les méchants de l'autre (à savoir Le Premier Ordre). Il est vrai aussi qu'entre ces deux positions, un ou deux personnages ambigus pimentent le tout, mais pas au point qu'il existe un vrai suspense. D'ailleurs, ce barnum un peu geek joue davantage sur la nostalgie assumée de ses fidèles - depuis 1977 ! - que sur un souffle nouveau donné à cette vieille histoire. Un aveu: de cela aussi, je me moque. Un détachement avec lequel il est bon, parfois, d'envisager le cinéma.

Vous aurez du coup noté que, cette fois, je n'ai pas cru bon de livrer de nombreuses infos sur le scénario et ses premiers rebondissements. Concrètement, cet opus s'inscrit dans la lignée et comme une suite directe de l'épisode VII, dont vous retrouverez la trace par mon index des films - suivez le guide, c'est à droite et à S comme Star wars. Faut-il alors réserver Les derniers Jedi aux initiés ? Peut-être pas. Bien qu'il ne s'agisse pas nécessairement du film le plus accessible pour "entrer" dans la série, il ne fatigue pas suffisamment l'intellect pour rendre obligatoire les séances de rattrapage d'avant-projection. Hum... inversement, puisqu'il s'intéresse surtout à des personnages déjà installés, il peut être un peu nébuleux pour les nouveaux venus. Rien d'irrémédiable, je dirais: assez débridée, l'action emporte le tout et peut justifier qu'on monte dans le grand huit sans souci des bases. Certaines séquences de ce nouvel épisode sont rudes pour les idoles des fans de la première heure, c'est vrai. Suite, fin et point de vue global après le tout dernier opus, programmé pour décembre... 2019 !

Star wars épisode VIII - Les derniers Jedi
Film américain de Rian Johnson (2017)

Je n'ai pas donné trop de détails: je ne vais pas commencer ici ! Conseil amical: si cela vous intéresse, le mieux est encore de voir l'ensemble des épisodes précédents avant... ou bien au moins le VII pour raccrocher avec les wagons les plus proches. Et si Star wars demeure pour vous un univers inconnu, je vous recommanderais plutôt de retenir les opus IV / V / VI. Les "initiés", eux, savent déjà...

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Un petit tour dans la galaxie cinéphile...

Les avis sur cet opus du millésime 2017 s'avèrent plutôt contrastés. On en débat chez Pascale, Tina, Princécranoir et Strum (notamment).

samedi 13 janvier 2018

Souvenirs de la Butte

Bon... afin de terminer cette semaine et avant d'entamer la prochaine d'un bon pied, je voulais à présent vous parler d'une exposition découverte pendant mes vacances: "Montmartre, décor de cinéma". J'aurais bien aimé pouvoir l'évoquer plus tôt: en effet, elle se termine demain, déjà, sur la célèbre Butte parisienne. Je l'ai bien appréciée...

Si vous êtes curieux du sujet, peut-être pourrez-vous encore dénicher l'affiche ou un exemplaire du catalogue officiel, dont le visuel original est tout droit issu d'une rareté: Boulevard (Julien Duvivier - 1960). L'un de ces nombreux films, français ou non, tournés à Montmartre ou... dans ce décor reconstitué en studio, depuis le cinéma muet jusqu'à Minuit à Paris (Woody Allen - 2011). Oui, un très joli voyage !

Le Musée de Montmartre a bien fait les choses, en proposant ainsi aux cinéphiles un parcours intéressant, sans négliger de s'adresser aussi à ceux pour qui le septième art n'est qu'un divertissement épisodique. Un juste milieu tout à fait pertinent, ai-je trouvé. D'ailleurs, et je le dis sans aucun mépris, les nombreux films recensés étaient plutôt des oeuvres "grand public", même si très anciennes parfois. J'en connaissais quelques-unes et cela a titillé mes envies d'en découvrir d'autres, comme vous pouvez probablement l'imaginer. Et ça m'a aussi rappelé des souvenirs, liés notamment à une soirée autour du film Moulin Rouge !, en plein air, sur les flancs de la Butte.

Vous serez peut-être déçus d'avoir raté cette expo, mais je voulais terminer cette chronique en vous disant que le Musée de Montmartre qui l'accueille donc jusqu'à demain vaut le détour pour lui-même. Puisque le quartier est un peu le coeur battant du tout-Paris artistique, il est agréable d'y retrouver la trace de ces grands noms qui ont fait sa bonne réputation, avant même que le cinéma existe. Pissaro, Toulouse-Lautrec, Modigliani, Steinlein, Van Gogh, Picasso... et tant d'autres côtoient Suzanne Valadon, dont on découvre l'atelier, et son fils Maurice Utrillo. Sans oublier Auguste Renoir, père de Pierre et Jean, artistes de cinéma. Une agréable façon de boucler la boucle !

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Une petite précision...
Il y avait foule au Musée quand je l'ai visité. Les photos utilisées aujourd'hui ne sont pas de moi. Je n'en tire aucun avantage financier. Cela dit, je les remplacerai vite et volontiers si leur propriétaire légitime m'en fait la demande via la section "commentaires". Promis !

vendredi 12 janvier 2018

Élémentaire...

Je n'ai pas très envie de vous présenter Mr. Holmes comme un film ordinaire. Je manque d'inspiration ! J'espère donc que vous saurez vous contenter d'une chronique spéciale, portée par des arguments malgré tout favorables à cette production américano-britannique. D'accord ? Vous voulez bien que j'essaye ? Allez, hop ! Je suis lancé...

Argument 1: le mythe revisité
Proposer, de nos jours, un nouveau film autour de Sherlock Holmes est assez culotté, je trouve. En plus des romans, le cinéma offrait déjà maintes occasions de côtoyer le célèbre détective londonien. N'empêche: de par son statut de légende, le personnage se prête bien à la réinterprétation. À vrai dire, celle-ci semble très respectueuse...

Argument 2: une relative originalité
L'intelligence de ce petit film est aussi de s'écarter du matériau littéraire "fourni" par Arthur Conan Doyle. Exemple: Sherlock Holmes n'habite plus au 221B, Baker Street, mais dans une jolie maison proche des côtes de la Manche. Son ami John Watson... est mort ! L'action, en fait, se déroule en 1947, alors que notre héros approche des 93 ans, avec une santé fragile et une mémoire un peu aléatoire...

Argument 3: un scénario malin
C'est justement parce qu'il perd un peu la boule que Sherlock Holmes s'efforce de concilier son grand âge avec une toute dernière mission qu'il s'est auto-attribuée: écrire le récit de son ultime enquête. L'occasion aussi de démentir toutes les choses fausses (ou exagérées) qui ont été dites sur son compte. Quelques pointes d'humour émaillent ce récit souvent mélancolique. Le portrait d'un homme seul.

Argument 4: la performance d'un acteur
C'est le Britannique Ian McKellen qui endosse le rôle du détective. Curieux constat: il a l'air d'avoir bien plus que ses 78 ans actuels. Autant dire qu'il est convaincant et attire l'essentiel de la lumière ! Certes, les autres acteurs sont bons, mais ils restent des anonymes. La caméra n'a d'yeux que pour le héros, devenu apiculteur amateur... 

Mr. Holmes
Film américano-britannique de Bill Condon (2015)
Voilà... tout bien considéré, cette histoire n'est pas inintéressante. D'ailleurs, je souligne qu'elle a plusieurs entrées et qu'à suivre ainsi plusieurs pistes à la fois, elle pourrait bien vous égarer en chemin. Franchement, on est loin du bling-bling des films du Sherlock Holmes de Guy Ritchie ou du style d'Élémentaire, mon cher... Lock Holmes. Détail fun: le rôle de Nicholas Rowe, après Le secret de la pyramide !

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Le film me semble avoir attiré, mais aussi dérouté...

Vous en jugerez mieux chez Pascale, Dasola, Sentinelle et Laurent.

jeudi 11 janvier 2018

Venu des montagnes

Désolé si je vous agace avec les westerns "nouvelle formule": le film dont j'ai prévu de vous parler aujourd'hui en est un. Sa particularité première est de se passer dans un village... des Alpes autrichiennes ! The dark valley (alias Das finstere Tal en VO) porte bien son titre. Mais, autant le dire aussitôt, ce n'est pas le point le plus important...

Ce qui fait que j'ai apprécié ce film, c'est d'abord cette jolie ambiance glaciale qu'il pose d'emblée en guise de décor. En deux ou trois plans seulement, on comprend qu'on se trouve ici dans un milieu hostile. D'ailleurs, ceux qui en douteraient malgré tout en auront une preuve supplémentaire grâce à une voix off féminine, évoquant des secrets enfouis et le caractère tout à fait imprévu de l'arrivée d'un étranger. Une heure (et moitié de film) se passera alors avant qu'on apprenne de quoi il retourne. Bon... je dois à la vérité d'admettre qu'une fois cette incertitude levée, j'ai trouvé le long-métrage moins intéressant. Il est heureux, donc, qu'il soit aussi efficace d'un point de vue formel.

Pour la bonne bouche, je noterai aussi que j'ai été ravi de la sélection des acteurs. La majorité m'était inconnue, mais j'ai trouvé qu'aucun ne dépareillait avec les autres - ce qui est encore bien plus flagrant lors du générique final, qui met en valeur de la troupe des figurants. Dans les rôles principaux, il m'a fait plaisir de trouver un tandem inédit, formé par l'Allemande Paula Beer et le Britannique Sam Riley. Du coup, même sans génie, The dark valley passe aisément la barre du bon divertissement, calibré pour les soirées canapé et plateau télé. Notez qu'il n'est d'ailleurs jamais sorti dans les salles françaises ! J'imagine que la version originale germanophone en aura refroidi certains. Ami(e)s qui n'êtes pas allergiques au genre, je vous assure que vous prévoir une séance de rattrapage ne serait en rien indécent.

The dark valley
Film germano-autrichien d'Andreas Prochaska (2014)

Bon... les grincheux m'objecteront peut-être que le thème de l'inconnu débarqué de nulle part est trop classique pour qu'on puisse parler ici d'un western original. Ce n'est pas faux: L'homme des hautes plaines pousse beaucoup plus loin la radicalité de ce concept, par exemple. Maintenant, si vous voulez de la neige en prime, Le grand silence devrait encore mieux répondre à cette attente. C'est vous qui voyez ! 
 
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Le film du jour ne fait pas l'unanimité, mais...

Le rédacteur de "L'oeil sur l'écran" et moi sommes d'un avis similaire.

mercredi 10 janvier 2018

Amours atypiques

Je l'ai sans doute déjà dit (plusieurs fois ?): l'Allemagne est un pays européen où je me sens bien. Les souvenirs des séjours linguistiques de mon adolescence sont un peu lointains, désormais, mais j'apprécie toutes les opportunités de mieux connaître nos voisins d'outre-Rhin. Aujourd'hui, une découverte: le cinéma de Rainer Werner Fassbinder !

Je laisse aux biographes le soin d'aborder la personnalité tourmentée et d'ainsi résumer l'éphémère (et prolifique) carrière de cet artiste disparu en 1982, à 37 ans seulement. Je me contenterai de revenir sur le film qui me l'a fait connaître: Tous les autres s'appellent Ali. Son premier personnage principal est Emmi, une femme de ménage d'un âge certain, veuve précoce et mère de trois enfants adultes. Submergée par la solitude, cette dame entre un beau soir dans le bar d'un quartier populaire: les clients la croient folle, elle qui ne montre aucun signe d'agacement à l'écoute de la musique arabisante diffusée par le juke-box. C'est ainsi qu'elle rencontre un travailleur immigré marocain, apparemment accompagné d'amis, mais en fait aussi seul qu'elle l'est devenue. Malgré la différence d'âge et de culture, le duo se comprend de manière presque instinctive et, rapidement, forme un couple, alors consacré par les liens du mariage. La mise en scène quelque peu théâtrale de l'ensemble fait que je n'ai pas su entrer aussi vite dans ce récit que dans d'autres. Mais ça a fini par arriver...

La pose souvent très statique de l'ensemble et la façon de s'exprimer en "petit-nègre" du personnage principal masculin m'ont d'abord paru outrancières, pour ne pas dire caricaturales. C'est face à l'évolution des situations et à l'économie de moyens dramatiques mis en oeuvre que j'ai fini par être rattrapé par une émotion sincère, je crois. Quand j'ai pris un peu de recul, je me suis dit que le déclic était venu d'un personnage annexe, le gendre d'Emmi, interprété par Fassbinder lui-même. Pour le coup, personne ne pourra oser dire que le cinéaste s'est donné le beau rôle: il joue un type à la fois vulgaire, violent, tire-au-flanc et raciste comme la pire des teignes. Même s'il est loin d'être le seul à être du côté sombre, le fait qu'il incarne précisément ce vrai connard me semble révélateur de son opinion quant au sujet de la coexistence entre seigneurs allemands et chiens étrangers (sic). Combinée à la puissance du mélodrame, c'est cette ironie mordante qui fait le sel de Tous les autres s'appellent Ali. On aimerait le voir comme un film "dépassé", mais il est parfois d'une cruelle actualité...

Tous les autres s'appellent Ali
Film allemand de Rainer Werner Fassbinder (1974)

Cela étonnera peut-être les connaisseurs, mais j'ai fini par m'habituer au style de ce film en repensant à d'autres scènes quelque peu figées d'un autre long-métrage sur notre rapport aux étrangers: Le Havre. Bon... je n'irai tout de même pas jusqu'à faire d'Ari Kaurismäki un fils spirituel de Fassbinder: ils n'ont que douze ans d'écart. Autant citer d'autres films parlant du racisme, Loving ou Devine qui vient dîner ?

mardi 9 janvier 2018

Tel père, tel fils ?

La réputation de Costa-Gavras tient pour beaucoup à ses grands films militants. L'homme est également le président de la Cinémathèque française, ce qui dit quelque chose de son amour du septième art. Dernièrement, et alors même que je n'ai pas encore vu ses oeuvres majeures, j'ai choisi d'en regarder une "modeste": Conseil de famille.

Si mes souvenirs sont bons, je l'avais déjà vue, à sa sortie en salles. C'était donc il y a plus de trente ans: à l'époque, je n'étais encore qu'un collégien. Si ce film rare est repassé sur Arte, c'est en hommage à Johnny Hallyday, qui tient ici le premier rôle, livrant une partition étonnante de sobriété. Sans doute avait-il compris que le vrai héros de cette histoire est François, le petit garçon dont il joue le père. L'intrigue tourne autour d'un cambrioleur, tout juste sorti de prison avec son complice et pas franchement décidé à se ranger. Sa femme s'en inquiète un peu, mais apprécie aussi de vivre cette drôle de vie. Quant aux enfants, pas dupes, ils entrent assez bien "dans le moule" et, sans vraiment moufter, font mine de respecter l'autorité de Papa. Enfin, jusqu'au jour où François demande... à devenir son assistant !

Conseil de famille est un film étrange, dont j'ai trouvé le rythme quelque peu décousu. Il a un certain charme, porté par un casting intéressant, où l'on retrouve notamment Fanny Ardant, Guy Marchand et Fabrice Luchini - et bien sûr les gosses, à l'aise parmi les stars. Sans que j'arrive à mettre le doigt dessus, j'ai bien eu le sentiment toutefois qu'il manquait un soupçon de substance à ce gentil récit pour décoller véritablement vers les meilleures références du genre. Finalement, c'est comme si le scénario hésitait: de manière abrupte parfois, on passe ainsi de la comédie à une impression de drame latent. D'intéressants personnages secondaires paraissent expédiés. Pour un peu, je dirais même que la fin arrive trop vite, la thématique de l'opposition père-fils, sous le regard d'une épouse-mère aimante bien que dépassée par les événements, n'étant qu'effleurée. Tout cela n'est pas honteux, mais mon ressenti final reste mitigé. Dommage...

Conseil de famille
Film français de Konstantinos Costa-Gavras (1986)

Vous tenez à voir une histoire de cambriole exécutée entre parents ? Dans un registre de fait assez proche, je préfère Family business. Pour le suspense, sans la famille, je vous conseille d'accorder un peu de votre attention au méconnu - et réussi - Following (le suiveur). Vos suggestions pour d'autres longs-métrages sont les bienvenues ! Pour ma part, il faudra que je découvre les Costa-Gavras "sérieux"...

lundi 8 janvier 2018

Pétards mouillés

Est-ce que c'est la rançon de la gloire ? Après avoir dénaturé l'image traditionnelle du western américain, l'Italien Sergio Leone s'exposait lui aussi à ce que ses films soient revisités. Je dois bien admettre que la démarche m'est plutôt sympathique. C'est donc sans hésiter longtemps que j'ai porté un regard sur... Le bon, la brute, le cinglé !

Changement de décor: nous sommes ici dans la Corée des années 30. Trois hommes cherchent une même carte, censée les conduire droit jusqu'à un trésor. Le film démarre, à bride abattue, par une attaque de train à vapeur que n'auraient pas renié les maîtres du genre. Ensuite, l'un des brigands étant parti avec ce que les deux autres convoitent également, une interminable séance de course-poursuite commence, rendue confuse parfois par le fait que les protagonistes portent des noms... plus compliqués que Blondin, Sentenza et Tuco. Deux heures durant, Le bon, la brute, le cinglé envoie les chevaux, certes, mais tient plus du film "bourrin" que de la parodie véritable...

Bref, j'y suis entré avec une relative jubilation et j'en suis sorti déçu. J'attendais mieux et, même si la scène la plus spectaculaire m'a tenu en haleine une bonne grosse vingtaine de minutes, je ne trouve pas que le film soit à la hauteur de son modèle. Je le crois certes sincère dans sa démarche jusqu’au-boutiste, mais voilà: je n'ai pas accroché. On dit que de grandes stars coréennes ont accepté de se rassembler pour jouer dans Le bon, la brute, le cinglé, présenté également comme la production cinéma la plus coûteuse au Pays du matin calme. Peut-être que je prends tout cela beaucoup trop au sérieux, en fait. Après tout, cette histoire a attiré un peu plus de 102.000 spectateurs dans les salles françaises, ce qui en fait le dixième plus gros succès d'un long-métrage coréen dans notre pays. Les goûts et les couleurs...

Le bon, la brute, le cinglé
Film coréen de Kim Jee-woon (2008)

Souvent amateur de ce genre de productions "exotiques", je reste d'un avis mitigé aujourd'hui. La barre était trop haute, peut-être. Quitte à choisir un film qui pétarade, j'aimerais revoir Mi$e à prix. Maintenant, si c'est en Corée que vous voulez dénicher une production originale, je conseille plutôt Mademoiselle (ou Hard day, à la limite). Une chose est certaine: ce cinéma venu d'Asie est plein de surprises !

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Pour finir, une chronique en contrepoint...

Le fait est que l'amie Pascale a beaucoup plus apprécié le spectacle.

dimanche 7 janvier 2018

La Bolchevique amoureuse

Bon... première chronique de film de l'année ! Vous vous souvenez que le dernier opus présenté ici avant mes vacances était l'oeuvre d'Ernst Lubitsch ? Pour le plaisir, j'ai décidé de consacrer mon texte de reprise à un autre des longs-métrages de ce même réalisateur. Guidé par le programme télé, mon choix s'est arrêté sur Ninotchka...

Cela peut surprendre, mais je crois que je n'avais encore jamais vu de film avec Greta Garbo. C'est un peu après avoir découvert celui-là que j'ai cherché à en savoir plus sur celle qu'on appelait "La Divine". Bien m'en a pris: je sais maintenant que Ninotchka est considéré comme une oeuvre atypique dans sa filmographie. La comédienne était souvent perçue comme une femme aussi belle qu'inaccessible. Elle dédaignait ses fans, ne se rendait pas aux soirées de premières et n'accordait jamais d'interview. Or, dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, elle évolue (presque) à contre-emploi: elle joue un rôle comique et mieux, ainsi que le mentionnait l'affiche, elle ose rire ! Encore faut-il que je précise que ce rire soudain marque une évolution de son personnage: au départ, cette agente de la Russie soviétique venue à Paris récupérer, au bénéfice de la seule Révolution, le bijou d'une ancienne princesse... cette agente, oui, se montre très austère.

Heureusement, l'amour s'en mêlera et vous verrez que la Bolchevique convaincue oubliera rapidement les devoirs inhérents à sa mission. Conséquence: le film fut interdit dans les pays de l'ex-bloc de l'Est. Maintenant que de très longues années ont passé, on peut le voir comme un petit miracle, la Metro Goldwyn Mayer ayant d'abord prévu de le confier à George Cukor. Après son renoncement, Ernst Lubitsch accepta donc de reprendre le projet au pied levé, non sans imposer d'importantes modifications au scénario, en partie revu par ses amis et collaborateurs, parmi lesquels on retrouvait un certain Billy Wilder. Ninotchka est admis aujourd'hui comme l'un des meilleurs classiques de son temps: à ce titre, il est entré à la Bibliothèque du Congrès américain en 1990. J'ai aimé son regard porté sur Paris, que le génie des studios hollywoodiens réinvente jusqu'au sommet de la tour Eiffel. Voilà... en un mot comme en cent, rien à redire: c'était un pur régal !

Ninotchka
Film américain d'Ernst Lubitsch (1939)

L'histoire retient que c'est aussi parce qu'il attendait une disponibilité de Margaret Sullavan et James Stewart que le cinéaste tourna ce film avant de réaliser Rendez-vous (de très peu supérieur à mes yeux). J'admire ce type de longs-métrages, aptes à ré-enchanter le monde dans une époque "compliquée". Le dictateur demeurera le numéro 1 de mon coeur, mais il reste de la place. Des suggestions, les ami(e)s ?

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Allons voir ailleurs, voulez-vous ?

C'est l'occasion de lire une autre chronique de "L'oeil sur l'écran". Ideyvonne, elle, nous parle du chef costumier et du chef décorateur. Quant à Eeguab, en bon gentleman, il se dévoue tout entier à Greta !

samedi 6 janvier 2018

Je reviens !

Chères toutes, chers tous, me voyez-vous approcher, au loin ? Le fait est que ce blog rouvrira très vite ses portes en beaucoup plus grand. Ayant (déjà) repris mon travail, je tiens aussi à reparler de cinéma...

À l'image du shérif Ali ibn el Kharish qu'incarne le grand Omar Sharif dans Lawrence d'Arabie, toute modestie mise à part, je suis encore à une distance un peu trop importante pour que vous me distinguiez vraiment. Je viens en ami vous souhaiter une très belle année 2018. Dans le fond de ma hotte, il me reste quelques films vus en décembre dont je dois encore vous parler, avant de penser à une rétrospective de mes meilleures découvertes de 2017. Tout cela arrive dès demain. Avant cela, je continuerai à visiter les blogs des unes et des autres pour y trouver peut-être quelques nouvelles perles à aller voir bientôt. Une chose est claire: je me sens vraiment content de vous retrouver !